UNE FEMME

SOUS INFLUENCE

Un film de John Cassavetes

Adaptation théâtrale par Maud Lefebvre

Création janvier 2020

Avec Une femme sous influence, je cherche à poursuivre un travail proche de l’écriture cinématographique, intime et naturaliste, traversé d’images très dessinées et mettant au centre des énergies d’acteurs singulières.

Mabel est-elle folle ? C’est ce que le récit laisse longtemps croire. Et puis on découvre à quel point une certaine configuration du couple produit cette folie.
Cette histoire très simple, mais assez vertigineuse, est servie par une intensité de jeu exceptionnelle. En tant que comédienne passée à la mise en scène, je suis en recherche de cette intensité. J’ai le désir de proposer une telle partition à des comédiens, de chercher avec eux comment atteindre cette puissance.

Il ne s’agit pas de réinterpréter le film, d’en proposer une lecture décalée. Ma pièce n’a rien à dire sur Cassavetes, sur le courant cinématographique dont il est représentant.

Il ne s’agit pas de faire discours sur le film original mais de l’interpréter tout simplement, comme on le ferait d’une partition musicale : considérer le film comme une œuvre que l’on se sent le droit de confier à de nouveaux interprètes. Pour moi, le film n’est pas seulement un texte – bien que nous partirons, pour commencer, d’une transcription précise des dialogues du film ; il ne s’agit pas d’oublier la trace que l’œuvre originale laisse en nous; il faut la laisser infuser notre interprétation.

J’ai le goût pour une écriture théâtrale qui mobilise volontiers une grammaire venue du cinéma. Pour autant, le théâtre n’est pas du cinéma. J’imagine un dispositif qui ne laisse pas oublier qu’on est au théâtre, et qui enrichit le récit de cette conscience : d’autres spectateurs sont là, avec nous, en train de regarder ce couple se déchirer, invités conjointement au cœur de cette histoire intime, et cela change tout.

Ce qu’il s’agit de proposer au spectateur, c’est une sorte de traversée du miroir. Les événements se produisent réellement à l’instant où nous les voyons, et en même temps ils ne cessent pas d’appartenir à cette temporalité particulière au cinéma – les choses sont là, mais elles sont passées.

Le théâtre que je veux faire, dont l’esthétique peut sembler assez naturaliste, consiste à détourer certains pans du réel; à se réhabituer à les voir comme précieux. À retrouver la valeur d’un silence, d’un regard. Ce qu’il peut y avoir de bouleversant dans un geste. À retrouver le chemin intérieur qui mène à les reproduire.

Création 2020

 

D'après le film de John Cassavetes

Mise en scène Maud Lefebvre Avec Béatrice Venet, Nikola Krminac, Renaud Bechet, Marie-Danielle Mancini, Guy Dechesne, Sacha Rouch et Gaspard Foucault en alternance avec Margot Dutheil et Robin Bolomier

Création et régie lumières Mireille Dutrievoz, en alternance avec Solange Dinand

Régie plateau Clément Fessy Machinerie Tristan Gouaillier et Manko Diaz Florian Construction décors Ateliers de La Comédie de Saint-Étienne

Finition décors, accessoires et aide aux costumes Julie Laborde et Julien Léonhardt

Remerciements pour leur confiance et leur engagement à Gérard Lecointe, Hugo Hazard et l’équipe du Théâtre de La Renaissance, Jean-Marc Grangier de La Comédie de Clermont-Ferrand, Arnaud Meunier, Marie-Laure Lecourt, François Béchaud, l’équipe technique et les constructeurs de la Comédie de Saint-Étienne, le Théâtre du Soleil et tout particulièrement Sébastien Brottet Michel, ainsi que Philippe Léonard, Sylvia Courty, Pierre-Alain Vernette, Michel Raskine et Analyvia Lagarde.

 

À Anne, Amélie, Jacqueline et Yvonne, femmes inspirantes

 

Production Collectif X 

Coproduction Théâtre de la Renaissance – Oullins Lyon Métropole,

La Comédie de Clermont-Ferrand - scène nationale,

La Comédie de Saint-Étienne – Centre dramatique national

Avec le soutien du Ministère de la Culture/DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, du Département de la Loire, de la Ville de Saint- Étienne et de l'ADAMI

Crédit photo Maud Lefebvre